Louis de Funès, c’est l’incarnation du mouvement. Il ne tenait jamais en place, il bondissait, il explosait, il moulinait des bras comme un chef d’orchestre en crise. Impossible de penser à lui sans visualiser un enchaînement de grimaces, un rictus d’indignation, un regard paniqué prêt à imploser.

Autant dire que le caricaturer, c’est une expérience en soi. Il ne s’agit pas juste d’agrandir un front ou d’exagérer un sourire. Non, là, c’est un véritable combat contre la vitesse, une tentative (forcément vouée à l’échec) de capturer un acteur qui ne s’arrêtait jamais.

Un visage qui vit mille vies par seconde

D’habitude, quand je caricature quelqu’un, je cherche l’expression la plus marquante, celle qui représente le mieux la personne. Avec Louis de Funès, j’ai vite compris que c’était impossible de choisir.

  • Son regard plissé et rusé, parfait pour un plan foireux.
  • Ses yeux écarquillés, entre la terreur et l’indignation totale.
  • Sa bouche crispée, prête à balancer une réplique qui claque.

Il pouvait passer d’une expression à l’autre en une fraction de seconde, comme un cartoon vivant. Figer une seule de ces mimiques, c’est presque contre-nature. Mais bon, il fallait bien tenter.

Un gendarme, un bourgeois, un génie comique

Difficile de résumer Louis de Funès à un seul rôle. Il a incarné tellement de personnages inoubliables qu’on pourrait le dessiner sous mille versions différentes.

J’ai commencé par une caricature classique, un De Funès à l’état brut, avec cette tension permanente dans le visage, ce mélange entre autorité et panique qui le rendait unique.

Puis, forcément, j’ai craqué pour le Gendarme de Saint-Tropez. Parce qu’au fond, qui peut voir un képi sans penser immédiatement à lui ? Son personnage de Cruchot, c’est l’un des premiers visages du cinéma français qu’on reconnaît dès l’enfance. Il a marqué des générations, et il continue encore aujourd’hui.

Et pourtant, il y en aurait tellement d’autres à dessiner. Son rôle dans La Grande Vadrouille ? Sa folie mégalo dans La Folie des Grandeurs ? Son duel absurde dans L’Aile ou la Cuisse ?

Autant vous dire que je ne vais pas m’arrêter là.

Louis de Funès, une caricature qui ne s’épuise jamais
Certains visages demandent du travail pour être caricaturés. Il faut chercher le bon équilibre, la bonne exagération. Avec Louis de Funès, tout est déjà là. Il suffit de choisir quel trait pousser un peu plus, quel tic amplifier, et la magie opère.

Mais ce qui est encore plus fou, c’est que même sans bouger, il garde son énergie. C’est comme si même sur papier, on sentait qu’il allait partir en vrille d’une seconde à l’autre.

C’est aussi ça, la force des légendes : elles ne tiennent pas en place. Elles continuent de nous faire rire, encore et encore.

Et vous, quel est votre Louis de Funès ?

On a tous une scène qui nous fait éclater de rire à chaque fois, même quand on connaît déjà la chute. Un dialogue, une mimique, un moment culte.

Si je devais en choisir un, je serais bien embêté. Parce que, franchement, De Funès, c’est une infinité de caricatures possibles.

Et vous, quelle version de lui vous fait le plus rire ? Si vous avez une scène préférée, un souvenir lié à ses films, dites-moi. Peut-être que ce sera ma prochaine caricature.